Introduction
La nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie, la Bibliotheca Alexandrina, est incontestablement une construction splendide dont l’agencement architectural et structurel mérite d’être étudié autant qu’il sollicite la contemplation.
Erigée sur le site du Port Est, le superbe port historique d’Alexandrie, la Bibliothèque s’élève presqu’au même emplacement que son ancêtre, sur le site du quartier royal des Ptolémées.
Le complexe de la Bibliotheca Alexandrina est composé de trois éléments principaux : le grand Centre de Conférences qui préexistait à la construction de la Bibliothèque, le Planétarium et le Nouveau Bâtiment. Ils sont tous reliés par un souterrain passant sous la Plaza et forment ainsi un seul centre opérationnel.
Le prix Agha Khan de l’Architecture (2004)
La disposition architecturale du complexe culturel vise à relier le bâtiment circulaire de la Bibliothèque à la sphère du Planétarium, permettant ainsi au Centre de Conférences d’établir un contrepoint nécessaire à l’équilibre structurel de l’ensemble. La Plaza, aménagée en vue de dégager les abords des trois édifices, est ouverte et bordée d’oliviers symbolisant la Bibliothèque gardienne des principes de la paix, de l’ouverture sur autrui, du dialogue, du rationalisme et de la compréhension. L’enceinte extérieure du bâtiment est revêtue d’un superbe mur de granit sur lequel sont gravées des lettres – et non des mots – des alphabets de quelques 120 langues. Une passerelle mince, élégante et gracieuse, transperce la structure dudit complexe au 2ème niveau comme une flèche décochée, et relie le campus universitaire au Sud- Est à la Méditerranée au Nord-Ouest.
Le complexe est audacieux, inspirant, et sollicite ce qu’il y a de meilleur en l’homme. La Plaza donnant sur la Corniche est ornée d’oliviers : c’est la main tendue vers la paix. Le côté sud du bâtiment principal – du côté de la rue Port Saïd – est conçu de façon à laisser voir le Planétarium et la Méditerranée. En outre, le Planétarium est une sphère flottante encerclée de rayons lumineux bleus qui s’éclairent le soir et qui mettent en valeur cette partie du projet.
La Plaza dispose de trois entrées permettant d’accéder au complexe. Une première entrée donne accès au Centre de Conférences qui abrite une grande salle de conférences (1 638 places), trois auditoriums de surfaces différentes avec une capacité totale de 650 places, deux grandes salles d’expositions, plusieurs cafétérias, des salles de réunion annexes. Le Centre de Conférences, relié au reste du complexe par un réseau de souterrains, existait déjà et son architecture est différente de celle des deux autres éléments. Toutefois, le nouveau design a réussi à l’intégrer harmonieusement à l’ensemble, aussi bien au niveau spatial que culturel.
La deuxième entrée est située sous le Planétarium : une sphère flottante reliée à la Plaza par quatre canaux ou tunnels, près de laquelle se trouve l’entrée de l’ALEXploratorium des enfants et d’une salle d’exposition. Au même endroit, au deuxième niveau sous la Plaza, se trouve également le Musée de l’Histoire des Sciences.
La troisième entrée donne accès au bâtiment principal de la Bibliothèque, celui-ci étant le sujet du présent ouvrage. La Plaza, dite Place des Civilisations, compte des œuvres d’art et des sculptures parmi lesquelles la statue de Prométhée portant le flambeau au milieu des oliviers et la statue colossale de Ptolémée II dressée du côté de la rue Port Saïd.
Grâce à son ample structure circulaire, nous pouvons aisément saisir l’idée de la conception architecturale du bâtiment : les salles de lecture et les services de la Bibliothèque sont séparés des services administratifs et de recherche.
La surface impressionnante du bâtiment – 160 m2 de circonférence – est sa caractéristique principale. Il est composé de 11 étages. Toutefois, cet aspect proéminent se trouve atténué puisque 4 étages sont souterrains. De l’extérieur, l’édifice apparaît relativement petit. Sentiment qui disparaît graduellement en s’approchant du bâtiment.
Le rôle de l’eau est polyvalent : l’eau entoure le bâtiment sauf du côté de la Plaza, le séparant des constructions qui l’environnent donnant ainsi une illusion de flottement.